13 avril 2009

Déménager en se ménageant

Un déménagement, c’est un jour dramatique pour ceux qui déménagent et une grande comédie pour ceux qui les accompagnent. Comme dans toute bonne série américaine, il y a des quotas de personnages : un leader, des gros bras, quelques planqués, et une poignée de pessimistes « on n’aura pas le temps, on ferait mieux de décaler le déménagement à demain ! ».

Par exemple, il y a toujours une personne qui surveille le camion. Un boulot visible et pas trop fatiguant. Plus malin, celui qui prend de l’avance, « je prends les devants et vais ouvrir la porte du garage ! » Et hop, au moins 20 minutes peinard à fumer une cigarette au balcon.

Il y a aussi ceux qui restent en retrait. « Je range l’appartement ! Je nettoie et passe l’aspirateur ! » C’est vrai que pour un état des lieux de sortie il faut au moins passer l’aspirateur pendant une journée. Dans le même genre, il y a le roi du gueuleton. « Je vais chercher des pizzas et des bières », annonce-t-il fièrement, avant de revenir une demi heure plus tard, reposé, et triomphal, passant aux yeux de tous pour un héros.

Doté d’une longue expérience en déménagement, j’ai moi-même fini par développer ma propre spécialité. Il s’agit de passer du temps dans les escaliers. Au camion : « Ouh ! Il n’y a plus trop de place, je vais les prévenir, là-haut ! ». Une fois en haut « Aïe ! Je ne sais pas si le fauteuil va rentrer, je descends vérifier le camion ». Et hop, deux ou trois allers retours les mains vides de gagnés, et l’impression donnée à tous d’être sacrément utile.

Attention cependant que ces jeux de rôles ne transforment le déménagement en fiasco. C’est pourquoi il faut au moins quelques courageux et gros bras. Rien de tel qu’un jeune fiancé cherchant à impressionner sa dulcinée. J’ai ainsi pu voir un type porter à lui tout seul un frigo, à grand renfort de transpiration et de rendez vous chez le kiné.

07 avril 2009

La dame aux 1000 trucs

Passez la porte de ce pressing de quartier, vous n’y trouverez qu’une vielle boutique parmi tant d’autres. Moquette délavée, tubes fluo jaunes au plafond, robes et cravates oubliés sur des portants de l’entrée, accumulant la poussière et comptant les années.



Derrière un comptoir en marbre brun massif, que tellement il est vieux que même les archéologues ils ont rien trouvé d’aussi vieux dans les fouilles de Pompéi, se trouve la dame du pressing. Ni vieille ni jeune, elle affecte un sourire figé aux clients.



« Repassez jeudi », « repassez vendredi » ou encore « repassez lundi » devraient être les répliques principales de ces journées. Pourtant, on vient de tout le quartier lui demander conseil. D’ailleurs, elle ne peut pas s’empêcher de glisser des astuces de grands-mères à ses clients.



Un souci avec une tâche de café ? Surtout pas d’eau, et encore moins de sel, mais Madame Pressing vous promet des merveilles d’efficacité avec ses recettes spéciales de savon. Un secret que l’on se transmet de génération en génération, de dame de lavoir à dame de pressing.



Pour ranger les pantalons dans l’armoire ? Rien de tel qu’un carton enroulé autour d’un cintre pour bien conserver un pantalon sans pli. Une astuce pratique, et à la portée de toutes les bourses.



Pris dans la discussion, et tenté par l’expérience de sociabilité avec un contemporain, je lui explique que mon chat a pris la mauvaise habitude de dormir dans les pantalons, polluant mes habits de tous ses poils.



« Pour les chats, j’ai mon astuce, je les regarde droit dans les yeux et je dis ‘pas bien, pas bien’ ! »


Parler à un chat ! Et pourquoi pas nettoyer une tâche de café avec du sel !

27 mars 2009

Haute voltige de chat

Quelle ne fut pas ma surprise en rentrant ce soir. Un chat en haut de la porte. Original.

23 mars 2009

La ligne de bus maudite


Il y a près de la maison une ligne de bus, la 167, qui relie le Pont de Levallois à Nanterre Ville.


On raconte que cette ligne de bus est maudite. Comme un navire hanté, qui viendrait effrayer les marins les jours de tempête, le bus 167 fait des apparitions aux plus mauvais moments de la journée, tel un démon narguant les citadins de toute sa malice.


Le bus traverse le très long pont de Levallois, qui sépare le quartier de Bécon au quartier d’affaires de Levallois. Un bon marcheur a besoin de 15 minutes pour traverser cet ouvrage qui franchit deux bras de la Seine et l’île de la Jatte.


Il est toujours opportun de monter dans le 167 avant le pont et de descendre après ; mais de mémoire d’habitants, on n’a jamais vu un bus desservir cet arrêt quand des passagers l’y attendaient. Par contre, sitôt la marche pour franchir le pont commencée, le bus nous dépasse, et d’un bref coup de klaxon nous empourpre de rage.


Une autre fois, j’ai réussi à monter dedans. Je rentrais du supermarché chargé de victuailles, la perspective d’un retour en autobus étant du plus grand réconfort. Quelle candeur, quelle stupidité ! Je croisais dans le bus Mlle James, la voisine de 5ème étage, dont je devais monter les courses et les colis pour soulager ses vieilles jambes de septuagénaire.


Sur le site de la Ratp, le bus 167 passe toutes les demi-heures le dimanche en bas de ma fenêtre de chambre. Pourtant, je suis persuadé que toutes les dix minutes un bus s’y arrête pour faire vibrer mes fenêtres et gâcher mes grasses matinées.


Un soir de départ en week-end, bloqué dans les bouchons pour regagner l’A86, je piaffais d’impatience pour avancer, quand tout d’un coup, j’ai vu le 167 dépasser tout le monde depuis le couloir de bus. Bien sur, il était vide et roulait à tombeau ouvert, vers l’inconnu ou la grande banlieue…

18 mars 2009

Visite éclair à Tonnerre.

Le guide touristique de la Bourgogne pourra vous inviter à faire un détour par la ville de Tonnerre, dans l’Yonne. C’est un très mauvais conseil.

Tonnerre est probablement la ville la plus dévastée que j’ai eu l’occasion de visiter. Les boutiques fermées sont très nombreuses dans la route principale, y compris le « Super Fouille » et le « Codec ». Dommage, car j’aurai bien aimé savoir ce qu’on pouvait y vendre.

Pas d’agence immobilière, peu de commerce, peu de cafés. Nous décidons cependant de pousser la porte de la « taverne du centre », petit établissement débiteur de boisson…

Au bar, un petit monsieur de 70 ans, que l’on appellera Petit Louis, raconte que les gendarmes vont passer l’arrêter, parce qu’il s’est encore bagarré dans un bistrot voisin.
Un téléviseur coincé au fond de la salle crachote des images d’une épreuve de course cycliste, qui capte toute l’attention de Bébert, un autre vieux monsieur, qui répète le nom de tous les coureurs passant à l’écran « Ah, Magnien ! Lui, il va faire un coup ! Ah, Gautier, il est rusé, lui ! »

Après nous avoir servi avec soin, la tenancière du bar, une dame aux cheveux longs et mouillés (ou gras), habillé d’un t-shirt publicitaire, nous harangue « ca va ? Hein, ca va ? ». Intimidé, nous finissons par dire que oui, tout va bien pour nous…

Il y a deux sites à visiter à Tonnerre : l’hôpital et la fosse Dionne. L’hôpital est un hospice. La fosse Dionne, c’est un lavoir alimenté par une source sous-terraine. Après avoir vainement cherché le site, nous avons fait demi-tour pour regagner la voiture et une destination moins déprimante.

C’est précisément à ce moment, au détour d’un trottoir, que nous avons croisé la femme goomba. Un mètre cube de gras, déambulant gauchement sur le trottoir, nous glaçant le sang de toute son horreur.

28 février 2009

Quelques petits trucs à faire en attendant la séance de cinéma.

Quinze minutes avant le début de la séance, vous êtes confortablement installé dans le fauteuil en mousse d’un de ces cinémas ultra moderne, un « méga ciné cité complexe» Pathé, Gaumont ou UGC construit uniquement avec des écrans et des escalators en une nuit par des ouvriers formés sur des legos.

Au cinéma, les films ne commencent jamais à l’heure, et le temps est parfois long avant la séance. Voici quelques petits trucs pour s’occuper pendant les longues minutes qui précédent un film.

Manger entièrement le paquet de pop corn avant le début du film. C’est assez facile à faire depuis que les complexes de cinéma vendent du pop corn très mou, qui ne craque pas sous la dent et donc ne fait pas de bruit. Vous pouvez même tenter d’avaler vos pop corn avec une paille.

Lire le magazine sur les sorties, où aucun film n’est critiqué. Il faut alors y dénicher les nanards, en détectant différents indices, comme l’apparition du nom de Jerry Bruckheimer à la production, la durée du film d’1h29 ou encore s’il s’agit de la suite d’un film dont on n’avait même pas entendu parler.

Rire aux publicités. Oui, c’est curieux au cinéma les spectateurs rient devant des spots qui passent depuis des mois à la TV. Soit ils rient pour montrer qu’ils ont compris, soit c’est parce qu’ils font partie de ces gens qui coupent le son à la moindre pub TV, en poussant des cris épouvantés et en secouant les bras de rage, de colère et d’effroi.

Se préparer pour lancer le premier chut à la salle, juste après l’apparition du logo de la société de production. Il faut être alerte pour être le premier, ni trop tard, ni trop tôt.

Faire tout un fracas quand un voisin demande que l’on se décale. Prendre les manteaux, branler du chef, se trémousser en se déplaçant, secouer le strapontin et montrer sa mauvaise humeur aussi explicitement qu’un chauffeur de taxi intercepté à Roissy.

23 février 2009

Voyages dans les Frances


Mon activité professionnelle m’a amené à parcourir notre beau pays. Ha ! Les régions, et leur charme si particulier ! Depuis que je vis à Paris, j’en oublie le calme et la volupté des capitales régionales : Lyon, Marseille, Cannes… j’ai au la chance de parcourir ces villes en y passant systématiquement moins de 2 heures ! Rien de tel pour ne retenir que la substantifique moëlle des cités de province… ou pour complètement passer à coté !

Lyon : Les caténaires des transports urbains enlaidissent le paysage. Les petites rues du vieux Lyon sont plutôt sinueuses et le chauffeur de taxi se régale à les déambuler en suivant les conseils d’un GPS audacieux.

Marseille : Les accents chantants du chauffeur du taxi évoquent la garrigue, au rythme des cris (Fada !!) » lâchés au détour des carrefours disputés. Sur le vieux port, on sert la bouillabaisse jusqu’à 22 heures, et on présente le poisson avant de le découper en petits morceaux. Miam.

Cannes. Petites rues très propres, des vieux et du soleil. Chauffeur de taxi bavard. Le reste, j’ai oublié.

Bordeaux. Enfin à coté, dans la zone industrielle. On a juste aperçu l’aéroport (où ils vendent des cannelés) et vu quelques panneaux indiquant le bourg, mais pas de vignes. Les zones industrielles sont toutes aussi vilaines les unes que les autres. Le type qui choisit le nom des rues des zones industrielles est un psychopathe.

Toulouse. C’est vrai qu’elle est rose cette ville ! Mais vraiment, hein. Pas rose comme un cochon ou l’agenda d’une collégienne, mais orange rosé. Et très agréable du reste, avec une place du capitole assez vaste pour s’y intéresser. L’aéroport est déprimant, il faut se déshabiller pour prendre un avion jusqu’à Paris, la blague.

Strasbourg. Gare très impressionnante. Taxi ahurissant : un jeune écoute une radio allemande, mais pas des chansons de Tokio Hotel, des actualités avec des types qui parlent et tout ! La place klébler est au centre de la ville, il y a un sapin énorme. Sur le chemin retour, le chauffeur nous avoue qu’on aurait été plus vite à pieds, il y avait 300 mètres à faire (11 €)

Rennes. Ville très surprenante avec des immeubles assez hauts dans le centre ville et des centres commerciaux en forme de labyrinthe. On s’est perdus, on a interrogé des gens encore plus paumés que nous, limite agressifs.

Paris. J’ai croisé un chauffeur de taxi qui parlait tout seul sur le trajet maison – gare de l’est. Entre Orly et la maison, un chauffeur m’a convaincu de partir en vacances au Ghana. Entre la maison et la gare de Lyon, j’ai appelé monsieur une conductrice de taxi qui ne s’est jamais vexée, mais n’a pas tenu à clarifier la situation avant d’avoir traversé la Seine. Enfin, le dernier taxi qui m’a ramené au bureau m’a dit, solennel, « ha, moi aussi j’ai travaillé ici, il y a 20 ans. C’était des usines ! Regardez, j’ai perdu mon doigt ! »

19 février 2009

Chez Pierrot, plus tu manges gras, plus tu aimes ça


Les week-end dans le Nord de la France ne manquent pas de surprises. Ainsi, alors que nous arpentions la Flandre, nous nous arrêtâmes à l’estaminet dit du centre à Godewaersvelde, où un certain Pierrot office de temps à autres, entre fourneaux et troquet.

Pierrot, tout le monde le connaît, sauf moi, qui n’ai jamais capté France 3 Nord Pas de Calais. Ce cuisto rondouillard, – « star sans étoile », titre La Voix du Nord, est le co-animateur de l’émission culinaire diffusée sur l’édition locale de la chaine régionale. Sa spécialité ? Les cochonnailles, les tripailles et les choses grasses, mais bonnes, servies avec un saladier de frites au gras de bœuf, accompagnées d’une sauce tartare, d’une bonne bière forte ( idéalement, la triple karmeliet, à 8,6°) et d’un peu de salade pour la couleur.

Chez Pierrot, on finit par une part de tarte à la cassonade, dont seuls quelques initiés connaissent l’existence. Les clients ne sont pas tous jeunes. Des cinquantenaires en vadrouille mirent ma place près du poële en faïence blanche, qui trône au centre de la pièce et répend une agréable chaleur.

A la fin du repas, je repars avec un petit marque-page, bien commode pour se retrouver dans ses lectures. Sur ce marque page, Pierrot et son épouse proposent des flamiches et des tripailles, du mardi au dimanche, de 11h30 à 14h et de 19h à 22h.
Bon appétit bien sûr!

28 janvier 2009

Je n’irai plus voir de première partie

Dananananaykroyd. Un éternuement. Un grognement. Le rugissement d’une moto bruyante dans la rue desserte un dimanche matin.

Non, Dananananaykroyd c’est le nom d’un groupe de musique. Enfin un groupe de types qui montent sur scène. Quoique, un des types a fini sa prestation dans la foule à distribuer, à qui voulait et à titre tout à fait gracieux, des câlins plein de sincérité et de sueur.

Dananananaykroyd, c’est le nom affiché sur le ticket pour la première partie du concert Kaiser Chiefs. Soyons honnêtes, les premières parties, c’est toujours un peu décevant. Au mieux, on a une jeune chanteuse un peu timide qui bricole quelques mélodies sur sa guitare, au pire on a Dananananaykroyd.

Il faut noter le caractère tout à fait exceptionnel de la mauvaise qualité du chant de ces jeunes gens. Sous prétexte de savoir manier un minimum leur guitare, ces accros au jeans slim à la mèche rebelle crient leurs vocalises et se perdent dans des registres d’horreurs phoniques, comme si toutes les craies du monde s’étaient donné la main pour crisser ensemble sur le même tableau noir…

Quarante minutes plus tard, les membres de Kaiser Chiefs, entrent en scène. Leur arrivée donne l’impression d’avoir réparé la TV. L’image est enfin réglée sur le bon format (les membres de Kaiser Chiefs mesurent plus d’1m20 et font plus de 50 kg), et le son est surtout beaucoup plus agréable et entrainant…

08 décembre 2008

Ces SMS qu’on vous voit envoyer

Avec la nouvelle génération des téléphones mobiles, on voit débarquer des appareils équipés d’un écran plus grand, plus lumineux, bref, plus visible pour les voisins dans le métro.

Evidemment, je ne manque jamais une occasion de loucher sur l’écran d’un iphone pour dénicher une anecdote croustillante ou happer un instant de vie, tel une baleine dévorant ces millions de plancton par jour…

A lire vos SMS, ceux-ci restent quand même très prévisibles. « J’arrive » ou encore « je suis là dans trois stations » (message dont la durée de vie est d’ailleurs plutôt brève).

L’autre jour, un vieux golden boy sorti de son cabinet de haute finance envoyait à différents contacts féminins un laconique « t’es libre ce soir ? … » avec trois petits points aussi évasifs que prometteurs.

Pendant un concert, un jeune homme, pourtant accompagné, envoyait à une Alexandra « ton appel m’a fait très plaisir, je te rappel dès que je peux… » Cette fois, les points de suspension indiquant en gros « dès que je suis tranquille pour appeler ».

Dans la même série, je ne peux m’empêcher de souffler au voyageur qui remplit une grille de Sudoku « Est-ce que tu as pensé au 7 ? Et le 6, n’oublie pas le 6 bon sang ! »

Instant très chasse avec Monsieur Chat

J'ai la preuve que les animaux, en l'occurrence les chats, sont capables de suivre un programme télévisé. Évidemment, il faut trouver une émission qui les interresse, comme on interresse une vieille dame face au programme de feu pascal Sevran, ou un cerveau à encéphalogramme plat devant une émission de NRJ 12.



 
 
 
 
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06 décembre 2008

Mon beau sapin.



Décembre. La tempête de neige s’abat sur la ferme. Le vent souffle en faisant vibrer les clôtures de bois. Quelques rares oiseaux survolent un paysage blanc. La girouette siffle en tournoyant. Proche du foyer dans lequel crépite un feu, l’homme se prépare à affronter les éléments pour ramener un sapin, le sapin de Noël.

Mu par le courage, la détermination et doté d’une excellente connaissance de la forêt, l’homme part affronter le terrible bois de pins pour en ramener le plus beau des sapins pour les fêtes de Noël.

Après avoir affuté sa hache, l’homme libère le chien de l’enclos. Il sera son compagnon pour cette sortie, il pourra ainsi éloigner les hyènes et autres bestioles de mauvais augures qui infestent les bois.

Un bon sapin de 2 m devrait faire l’affaire et ravir les enfants. Le père Noël devrait d’ailleurs se montrer généreux dans une maison avec un si beau sapin. D’ailleurs, sa compagne a déjà tricoté des étoiles et des chaussettes à accrocher aux branches.

L’heure du départ a sonné. L’homme monte alors dans le bus 167 pour descendre quelques arrêts plus loin, à Monceau Fleur. La bas, il choisirait une sapin orange. Enfin, avec une étiquette orange, à 25 €, un Normann de 150 cm. Un bon prix quand même, et déjà emballé dans un filet, pratique à transporter. Pendant ce temps là, sa compagne aura déniché quelques boules fluo au Monoprix. Tous regagnent alors le foyer, pour décorer ce sapin, pendant que le chat dévore déjà les branches.


Mon beau sapin, roi des forêts
Que j'aime ta verdure
Quand par l'hiver, bois et guérets
Sont dépouillés de leurs attraits
Mon beau sapin, roi des forêts
Tu gardes ta parure

Je suis allé voir ma sonnerie de portable en concert.


Le Zénith était bondé pour cette dernière soirée su festival des Inrocks. Au programme, quelques groupes de rock avec des jeunes gens guitaristes, bassistes, batteurs, baratineurs, tous plus ou moins chanteurs. Bonne surprise de la soirée : le groupe CSS, des brésiliens très dynamiques sur scène, qu’un journaliste du magazine organisateur du festival pourrait qualifier de « rock acide aux cordes nerveuses avec des relents de post disco » tout en ponctuant son article de quelques « hype » par ci par là pour justifier son salaire mirobolant.

J’ai bien aimé quand le groupe a joué ma sonnerie de téléphone « Let'S Make Love And Listen To Death From Above », c’est un geste plutôt touchant et un peu troublant, je me sentais obligé de répondre durant toute la chanson. C’est un peu comme quand dans la rue on entend un téléphone sonner, avec son ancienne sonnerie. C’est le passé qui nous rappelle…

Retour au concert, dans la fosse et les tribunes, le public me parait plutôt jeune. Des cheveux longs, jeans slims noirs, derbies ou converses aux pieds…J’ai l’impression d’être à une manif lycéenne… Il faut dire que la tête d’affiche de la soirée est le groupe The Kooks, dont le leader est né en 1987, année où je savais déjà que le père Noël n’existait pas.

Le jeune public de fans filme les vedettes de la scène avec leur téléphone portable, comme on agitait son briquet dans les chansons romantique de Patrick Bruel. Autant le dire tout de go : pourquoi filmer un concert ? La qualité des images est lamentable, le son est pourri. Mais on repart avec un morceau, un moment de vie sur son téléphone à soi, son calepin personnel. Comme un bloc-note qui enregistrerait des morceaux de vie…

Au milieu de cette foule adolescence, je me dis que je n’irai plus voir que des concerts d’artistes de ma génération…. je suis condamné à me rendre voir des concerts de jazz, au Duc des Lombards, avec un verre de whisky précieux entre les mains, un cigare au bec et une discussion feutrée sur les investissements immobiliers déductibles des impôts.

26 novembre 2008

Ma vidéo préférée du monde de la Terre de ma vie professionnelle

Toi, oui, le jeune cadre dynamique derrière un écran 14 pouces, ce message s'adresse à toi.

Tu rêves d'impressionner ton manager ? Tu kiffes les présentations powerpoint avec une dernière diapo "Merci de votre attention, des questions ?" et des transitions avec des effets à toutes les pages? Tu programmes ton répondeur téléphonique avec un message spécial pendant les vacances renvoyant les appels urgents vers Monique ou Bernard ? Tu aimes aller au salon des Rendez Vous De Demain porte de Maillot tous les premiers dimanche d'avril ? Alors, cette vidéo est faite pour toi. (surtout à partir de 1min32, tu te reconnaitra)

23 novembre 2008

Les mystères de la SNCF


La SNCF reste une grande entreprise. Elle est connue de tous, elle effectue des prouesses techniques, avec beaucoup de trains à l'heure et très peu d'accidents. De surcroît, elle bénéficie d'une aura internationale avec l'un des réseaux les plus rapides du monde, le TGV.



Pourtant, malgré ce miracle technologique, ces hordes d'ingénieurs, ces partenariats avec les entreprises fleurons de l'industrie, il reste de nombreux mystères qui entachent cette merveilleuse réussite. Et curieusement, j'ai l'impression d'être le seul à m'en apercevoir.



> D'abord, pourquoi est-ce impossible d'acheter un « morceau » de trajet ? Par exemple, en me rendant en zone 5, je suis obligé d'acheter un billet zone 1 à 5, alors que j'ai déjà un pass intégral pour voyager autant que je veux entre la zone 1 et la zone 3. Tu parles ! A chaque fois que je pose la question à un guichet, parce que je m'y suis repris à plusieurs reprises, le guichetier semble s'enfoncer dans son fauteuil, se cacher dernière son bureau, beaucoup trop gêné qu'il est avant de me donner une réponse ridicule: « C'est impossible d'acheter des compléments de trajets. Mais rien de vous empêche de descendre à Bondy, d'y acheter un billet et de reprendre le train suivant »



> Autre zone trouble dans le royaume de la SNCF : qui choisi la radio diffusée dans les gares du transilien ? Depuis une dizaine d'année on a le droit à RFM, avec son cortège de rediffusions de De Palmas, de Seal ou encore de pubs pour Center Parcs.



> Où est passé le deuxième F de la Société Nationale de Chemins de Fer Français ? Hein ? Il est avec tous ces trains supprimés, qui disparaîssent dans le triangle des Bermudes des trains Ile-de-France ?



> Qui a eu l'idée diabolique du plan de ligne du RER C ? Imaginez la réunion du cabinet au Secrétariat d'Etat au transport, en 1957 « On va faire partir les trains du Nord Ouest à Pontoise, jusqu'au centre de Paris, puis après, ils font demi-tour, enfin pas tous, mais la plupart vont dans les Yvelines, au Sud Ouest, à Versailles, mais dans une autre gare que les gares déjà existantes de Versailles. Une gare spéciale. Et puis le reste des trains continuent à l'Ouest après les Invalides, et puis tombent en panne après. » L'architecte de cette ligne aura probablement une bonne place dans le 8ème cercle des Enfers de Dante.

06 novembre 2008

Panique au siège social

Je vais vous raconter une sacrée histoire. Pierre Bellemare voudra probablement me l'acheter pour faire un de ces mauvais films diffusés une après-midi sur l'excellente chaîne TMC, entre une énième rediffusion de l'histoire de l'avocate aveugle accompagnée d’un petit singe à la place du chien-guide et d'une émission de téléshopping avec la voix française de Bruce Willis dans le rôle du type à la coupe de cheveux idéale.

Je travaille depuis quelques mois dans un quartier d'affaires. Pas la Défense et ces gigantesques tours à s'en faire de torticolis et des tournedos en brochette, mais plutôt un quartier discret, isolé des transports en commun et des ennuis. Enfin, c'est ce que je croyais jusqu’à ce qu'on apprenne que l'immeuble situé juste à côté du notre était fermé pour cause de maladie.

En effet, ce sont près de 150 personnes de la société voisine qui se sont trouvés malades ; le siège social en a été fermé. Nous, au début, on a rigolé. On se moquait d'eux à travers les vitres, en pointant nos doigts arrogants sur leurs façades. On s'imaginait qu'une armée de médecins échappés des meilleurs épisodes des Experts allait débarquer, en blouse blanches, stéthoscope et gants désinfectés, déversés par un flot d'hélicoptères bruyants.

Puis, on a appris qu'en fait il s'agissait d'un virus très contagieux. C'est alors que la panique a saisi le millier de collaborateur évoluant dans mon immeuble.

Quand on pense à la panique, on image les scènes du film « La tour Infernale » ou « le poséidon » (un film à grand spectacle où un bateau se retourne, les passagers meurent tous sauf une poignée de type malins qui pensent à s'échapper par la coque, guidés par le bon sens et la foi en Dieu). En fait, la panique fut plus feutrée, ni calme, ni violente. Mais on a palpé une tension dans l'atmosphère, comme quand un chat ne trouve plus sa litière, et que, mené par une envie pressante, il tourne avec rage dans l'appartement en courant d'un point A à un point B balançant toutes les affaires sur le passage.

Pour rassurer mes pairs, on m'a invité à diffuser à l'ensemble du siège une information sur la typologie du virus. Je me suis exécuté. Il fallait que j’envoie à un millier de personne « le virus est la gastro entérite ». Avant de valider l’envoi, j’ai cherché, longuement, un euphémisme. Un moyen de dire la même chose, mais en plus classe, histoire que ma signature associée à cet envoi ne ternissent mon image pour les 3 prochaines années.

J’ai donc contacté l’infermière pour lui demander comment formuler ma phrase. Elle m’a dit « vous savez, gastro entérite, c’est déjà le nom scientifique pour autre chose ». Entre temps, je recevais des appels « j’ai une bronchite, c’est lié ? » ou encore « je tousse, je tousse, mais qu’est ce que je tousse ! ».

21 octobre 2008

Le secret de la dame au chocolat

La machine à café de mon bureau est fantastique : elle propose des cafés, mais aussi des thés, des capuccinos et aussi des chocolats. Je partage cette machine à café avec la moitié de l’étage, mes collègues directs, mais aussi le service de la paie. J’ai donc régulièrement le plaisir de côtoyer cette population aussi étonnante qu’homogène.

C’est vrai, les collègues de la paie se ressemblent toutes. Des cheveux gris, des photos de petits enfants répartis sur le bureau, des fonds d’écrans avec des chats, et des powerpoint rigolos plein la boite mail. On ne connaît pas vraiment leurs âges, mais on se doute qu’elles cumulent assez d’ancienneté pour prétendre aux plus belles médailles du travail : grand or, vermeil ou légion d’honneur des 35 heures.

Dès fois, quand je traverse le service paie tard le soir (disons 17 heures), je croise l’une de ces collègues sur la plus antique machine de l’entreprise, un lecteur de microfilm. A la lueur d’une ampoule, une employé de la paie consulte des fiches des paies de 1987 ou calcule les points retraites d’un salarié entré dans l’entreprise en 1965. On se croirait revenu au temps des ordinateurs à cartes perforées ou des orgues de barbarie.

Parmi cette population où toutes les têtes se ressemblent, il y a pourtant une dame tout à fait remarquable, c’est la dame du chocolat. Un matin, de bonne heure, avant même la distribution du courrier, je l’ai croisée à la machine à café. C’est alors qu’elle m’a fait partager son plus grand secret. « Voyez vous jeune homme, le chocolat, il faut l’enlever avant la fin du programme, avant que la machine vous annonce que la tasse est prête. Il y a aura moins d’eau, moins de sucre et plus le goût du chocolat ».

Depuis cette rencontre, je ne passe pas un jour sans profiter de ses bons conseils. Je goûte ainsi au plaisir d’un chocolat délicieux et précieux, réconfortant dans la tourmente d’une journée, une pause au bon goût du cacao de notre enfance.

Alors messieurs, mesdames qui êtes si pressés, prenez un peu votre temps. Ecoutez autour de vous les conseils sages et simples de ceux qui sont juste à vos côtés(1).

(1) cette dernière phrase est extraite du powerpoint « 7 conseils sur la vie », écrit par un moine bouddhiste en 1873 et diffusé pour la première fois par le service compta de la COFRAP en 1996

18 octobre 2008

Le picard est ringard



Oh oui le jeu de mot est facile ! Mais regardez plutôt cette photo, témoignage de la réalité picarde. On était sur les hauteurs de Gisors, surplombant un parking.
On a surpris le picard dans son intimité, rentrant des courses… Étonnant.

Devant deux buralistes, le même jour, mais à deux endroits différents





Souvent, on rentre de week ends en ayant envie de déménager. S'installer dans une ville plus tranquille, profiter d'une maison au calme pour un loyer ridicule. Mais pas à tous les coups...

09 octobre 2008

Documentaire animalier sur téléchat


Monsieur Chat, sur l’accoudoir du canapé perché, regardait le plafond, où ma foi aucune mouche n’était à débusquer.

Il balançait ses pattes dans le vide et attendait prétexte pour une aventure intrépide.

Soudain, le grand écran plat du salon se mit à diffuser des images d’un documentaire animalier, avec en vedette : lièvres variables, chouettes hulottes et marmottes sorties de leurs terriers.

Sitôt vus, Monsieur chat se tendit tel un chasseur, prêt à bondir, à découdre et à l’affut.

Son regard fixa le manège de la faune s’affichant sur le plasma. Des cerfs majestueux, mais aussi des oiseaux peureux, proies plus accessibles pour un chat.

Il se leva, se rapprocha et jaugea la dalle à la fin du générique, laquelle en reçut un coup de patte énergique.

C’en était fini des rêves de chasse et de course en forêt, Monsieur Chat retrouvait sa vie de citadin benêt.

Pourtant, au moment où je fais de ses péripéties un billet, il m’observe et me guette du haut de mon chevet. M’imagine – t – il plus petit, vil et asservi ? Me croquant et me chassant, tel l’aigle majestueux dévorant ?