23 mars 2007

Mais qui fut Gabriel Péri ?

Il y a des noms comme ça, un peu récurrents. Je parle de noms de rue, de place ou de boulevard. Par exemple, Charles de Gaulle. On a une place ou au moins un boulevard Charles de Gaulle dans toutes les villes de France. D'ailleurs, je ne pense qu'aucune municipalité n'ait jamais osé lui donner le nom d'une simple rue, ou d'une impasse.

Alors bien-sur, De Gaulle, c'est un héros de la France. De même que Mitterand, ou Gabriel Péri. Sauf que Péri, personne ne le connait vraiment, pourtant il a des noms de rues partout. Prennez par exemple le trajet en métro Gare Saint Lazare - Asnières, via notre bien aimée ligne 13. On croise 3 fois le nom de Gabriel Péri : une fois à Paris, c'est une petite place à proximité de la gare Saint Lazare, une autre fois à Clichy, en passant dessous, et enfin à Asnières, le terminus du métro débouchant sur la place Gabriel Péri.

J'ai donc méné une enquête rigoureuse : Péri fut une plume majeur du journal l'Humanité, puis un résistant communiste exécuté en 1941, lachement dénoncé par de vils collaborateurs infiltrés dans la direction du PCF. C'est un Guy Môquet que l'on a balancé, un Jean Moulin qui n'a pas eu le temps de faire sauté des ponts, un jaurès 30 ans après. http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_P%C3%A9ri

Alors quand on prends la ligne 13 en direction de Gabriel Péri, quel beau message de solidarité face à l'oppresseur (l'oppressement)...

03 mars 2007

Supercat !


Vu sur www.stuffonmycat.com

A voir en cette période de salon de l'agriculture ! (ou pas)

25 février 2007

Pré...non


C'est la grande mode, à la naissance, on donne un prénom au nouveau né. Cet événement donne lieu à de grandes discussions familliales. Qui trouve le prénom trop américain (on trouve 49 708 Dylan en France, et plus particulièrement dans le Nord), qui le trouve trop vieux (3 000 enfants se sont appellés Jules en 2004), trop simple (370 000 Nicolas) ou trop moche (plus de 600 Gertrude sont nées en France depuis 1940).

Sur plusieurs sites internet, on trouve des moteurs de recherche des prénoms. Ils indiquent le nombre de nouveaux nés par année, les courbes me font penser à la bourse : ca monte, ca descend, au gré des résultats ou des rumeurs. Par exemple, le phénomène Dylan qui correspondont à l'apparition de la série TV en France, ou la disparition brutale des Adolphe apres la guerre.

Et puis il y a des prénoms ovnis : près de quarante jonnhy (au mileu des 11 000 Johnny), des Andgel, une quinzaine de Dereck, une vingtaine de Djoe...

16 février 2007

Vite, un billet sur Alain Duhamel !

J’ai vécu ce soir un grand moment de fierté. J’ai en effet découvert sur feu le blog de Ron l’infirmer un lien vers un blog, lequel renvoyait vers un autre blog sur lequel je figure dans les liens. Ca me fait une sacré proximité avec l’infirmier des vieux ou des fous, voire les deux, comme ce bon vieux Alain Duhamel.

Alain Duhamel, quand on y pense, on ne l’a pas vu vieillir. Je suis né, il était déjà vieux et avait déjà arbitré le duel Giscard – Mitterrand (« vous n’avez pas le monopole du cœur »), le duel De Gaulle – Algérie en 62 (« Je vous ai compris »), le débat Pompidou – Jospin (« uniquement en VHS »).

Je me souviens très bien de la première fois que j’ai écouté une chronique d’Alain Duhamel. Je vivais dans une bourgade reculée où les seules stations de radios captées par mon radio-réveil-cassette étaient France Musique et RTL, ce qui limite rapidement les options. Pendant un an, je me suis donc réveillé avec ses interviews politiques mielleuses et gluantes, ce qui me changeait des radios djeuns avec des canulars ou des appels chez des personnes dont le seul défaut était d’avoir un prénom de vieux. D’ailleurs, question à tiroir, comment ces radios réussissent elles à avoir autant de personnes à répondre au téléphone de si bonne heure le matin, alors qu’on est tous sous la couette à trouver des moyens de se lever plus tard ?

Je profite d’un manque d’inspiration passager pour glisser quelques mots sur ce bon vieux radio-réveil-cassette. Je me souviens que c’était le cadeau à la mode de la première communion, et personne n’a jamais du utiliser la fonction réveil avec une cassette plus d’une fois. En même temps, c’est une époque où les seules cassettes audio que j’avais en ma possession étaient les cassettes du cours d’anglais, Channel 6…(« Oh, I can see Kate. Hello Kate ! »)

D’ailleurs, comment Alain Duhamel aurait interrogé Kate et Ben ? Aurait il osé leur demander s’ils étaient centristes ? Se sont-ils rencontrés sur sexycentiste.com ? Stop, arrêtons les questions contradictoires, on est là pour parler de Duhamel après tout.

04 février 2007

La bonne tête

quet
Il a fallu que je rende à La Poste un samedi matin, non sans traîner les pieds avec force. Un recommandé m’attendait à la Poste de Guy Moquet, petit bonhomme courageux devenu à la mode ces dernières semaines.

Une fois à la Poste aux milles clients attendant patiemment en file indienne la fin du monde, ou tout simplement un guichet libre, je me glisse dans la file dédiée au retrait des colis et recommandés.

Dans cette situation, je me consacre d’habitude à observer les personnes qui reçoivent des mises en demeure d’huissier ou d’avocat demandant des millions d’euros pour une quelconque affaire judiciaire. Souvent, le destinataire prends un air abattu, dit bien fort « oh ben j’ai gagné ma journée » et part en bousculant un aveugle venu retirer sa rente d’invalide de Verdun.


Les gens étant généralement de nature soucieuse, ils sollicitent un badaud pour vérifier s’il s’agit de bien de la file dédiée au retrait des colis. Ils demandent « C’est bien là pour les colis ? » « Oui oui » répond le type derrière moi. C’est ainsi que ce type dernière moi a été sollicité par tout ceux rejoignant la file pendant une demi-heure. A la fin, je lui dis « Mais vous travaillez ici ? tout le monde vous demande depuis tout à l’heure ? » (oui, j’ai le contact facile avec les inconnus, mais c’est souvent pour tromper l’ennui). Il me réponds « Oh, vous savez, je dois avoir une bonne tête. On me demande toujours quelque chose. Quand je vais au magasin de bricolage, c’est pareil, on me demande des renseignements sur pleins de choses. »

Avoir une bonne tête, c’est décidément pas un métier facile, on dirait.

01 février 2007

Bien dit !


Des lignes jaunes au sol, des pousseurs en gilet orange, des voix lubugres au micro, des portes semi automatiques en plastique... Décidement, la RATP met beaucoup de moyens pour solutionner le problème de la ligne 13.

Dernière exemple en date : refaire une station à neuf, à Liège, où personne ne monte ou descend.

Autre idée géniale : allonger la ligne de quelques stations dans un quartier très dense.

19 janvier 2007

Oups !

Je viens de me rappeller que j'avais un blog !
Bon, ça, c'est fait.

09 janvier 2007

iPodQuoi?

AssocierPfff ! Non, mais j'aime bien les iPods, ils sont beaux, jouent de la musique gratuite et sont lumineux. En plus, j'en ai un ; enfin presque, j'ai un Creative, c'est pareil en moins chers.

Franchement, avec le Numark DJ Pod, on est allé beaucoup loin. Ce produit, que j'ai découvert avec stuppeur et inquiétude sur le site de pixmania, me fait penser à un de ses sports inédits qu'un original essaie de médiatiser : le football à vélo, le rink-hockey ou les sports de force traditionnels des villages, comme le lancer de tonneaux, la course de tonneaux (aussi).

Enfin si ca peut débarasser : lien ici.
D'ailleurs, j'aurai besoin de deux ipods pour faire marcher mon dernier joujou, quelqu'un peut-il me dépanner ?

02 janvier 2007

une photo, un jour

Saluons l'arrivée sur blogosphère du blog photo de mes voisins et néanmoins amis intitulés "un jour, une photo" et qui sacre leur talent certain pour l'art noble de la prise de vue instituée par Daguerre : www.photophage.fr

Je profite de cette sortie pour vous présenter à mon tour ma plus belle photo de l'année, à gauche.

Ce sera ma seule œuvre photographique de 2006. Parce que voilà, je suis un piètre photographe, un richard clayderman de la photo. Mes photos sont généralement floues, sombres, ou tout simplement pas intéressantes. Souvent, en rentrant de vacances, je glisse quelques photos piquées sur flickr à mon album perso pour avoir au moins quelques bons clichés.

Longtemps, j'ai pensé qu'il suffisait de prendre beaucoup de photos pour en réussir. J'ai ainsi acheté un appareil photo numérique. Je me suis rendu compte par la suite, que ce n'était pas si simple. Alors maintenant, je me dis qu'il suffit de signer un bon chèque à la FNAC pour avoir du talent. Mais quand même, si quelqu’un pouvait m’aider à me débarrasser de mon kodack easyshare tout compris, modèle non débrayable, temps de pause fixe, photos de jour par beau temps recommandées. Merci.





29 décembre 2006

Meauche

J’ai vécu deux années dans la ville de Meaux. C’était une expérience assez curieuse.
Meaux, c’est d’abord une bourgade très ancienne, qui a connu sous la féodalité son Seigneur local ou son duc, lequel a développé la ville en y bâtissant cathédrale, remparts et autres vieilles rues, que la guerre allait prendre un malin plaisir à détruire. La moutarde et le brie ont pour leur part réussi à faire décoller le commerce de la ville pour qu’elle atteigne des dimensions très respectables dans tout le comté, l’égale de Provins, Coulomiers, voire Fontainebleau.

Seulement voilà, la ville était trop loin ou trop proche de Paris…Trop loin pour devenir une vénérable et imposante ville de banlieue. Trop proche pour rester une bonne bourgade de banlieue paisible avec une identité autonome. Alors que plus au sud, des villages flairaient l’opportunité de construire un nouvel espace urbain et se constituaient en communauté de communes (Marne la vallée), Meaux se laissait dévorer par la croissance galopante de l’ile de France.

Des immeubles et des tours se sont construits à Meaux. Tant qu’à faire, on a bâti pas cher, haut, et moche. Et puis Paris s’est rapproché jusqu’à 26 minutes en transilien.
Depuis, Meaux est une ville scindée en double: ceux qui y vivent et ceux qui y dorment. Des bus directs relient les cités dortoirs géantes à la gare. Cet axe est devenu le point de gravité de la ville. Les personnes habitant et travaillant dans la ville ne sont que des figurants, qui manquent de se faire rouler dessus par un bus bondés et pressés à destination de la capitale.

Le cœur historique et la rue principale n’accueillent que quelques boutiques, un Jules et peut être un Jenifer. Les autres locaux commerciaux sont occupés par des PME, qui commercialisent l’eau en fontaine, par exemple. C’est dire de l’attractivité de la zone.

Parfois, le temps d’un week end, on croise les deux populations aux mêmes endroits, dans les bouchons de l’autoroute, au Champion ou encore dans la file d’attente du cinéma. On se scrute, se jauge, mais on ne se connaît pas.

11 décembre 2006

Hasard heureux ?

On a eu de la chance : nos brillants ingénieurs ont mis au point tout un tas d’inventions en même temps : l’invention de l’électricité et de l’ampoule, ou l’invention de l’écriture et du langage ou encore le micro-onde et les plats préparés.

Ces dernières décennies ont quand même été moins brillantes. Combien d’années entre la mise au point du téléviseur et de la télécommande ? Combien de temps entre les premiers ordinateurs et la généralisation d’Internet ? Entre les premiers magasins et l’invention du code barre ? Inadmissible, messieurs en blouse blanche et autre crâne dégarni.

Heureusement, j’ai un exemple qui va vous remonter le moral : la mise au point concomitante des téléphones mobiles et du digicode.

Imaginez un monde sans l’un ou l’autre, on entendrait à chaque coin de rue « Ohé ! J’suis en bas, c’est quoi ton code ! » Alors, cette nuisance serait quand même bien moins forte que celle de faire un effort pour se lever et changer la chaîne du poste. Non, il n’y a vraiment pas de quoi se plaindre.

05 décembre 2006

Taxi !

A Paris, surtout quand on n’a pas de véhicule personnel, on emprunte souvent un taxi. C’est tout de même commode, passé 1 heure du matin et que la RATP a chassé les derniers voyageurs de métro à grands coups de stations fermées et de métro en pas circulation.

Le chauffeur de taxi est très habituel dans la vie parisienne, tout le monde a un souvenir particulier sur un chauffeur, un original qui croit aux extras-terrestres, un qui regrette le bon vieux temps sous Pompidou, ou un escroc qui a franchi 5 ou 6 fois la Seine ou un ingrat qui ne vous prend pas pour 200 mètres.

Mon souvenir, c’est un vieux monsieur dandy en costume sombre. Un soir, il nous avait ramené à travers les rues endormies de la capitale, en diffusant France Musique et citant des bons mots sur les vieux quartiers de Paris. Yves Montant habitait par là, tel resto était un repère de pègre montmartroise… Il portait fort bien le nœud papillon, souriait aux blagues et utilisait des mots de plus de 3 syllabes. Il nous a emmené à destination sans critiquer la politique de Bertrand Delanoë et sans garder discrètement la monnaie pour lui. Je me suis mis à imaginer que ce monsieur devait avoir commencé sa carrière dans une Citroën DS, il devait être le chauffeur personnel de De Gaulle, c’est qui lui conduisait l’auto qui a échappé à l’attentat du petit Clamart. Ah, De gaulle ! Après, il s’est mis à son compte et il a du connaître les dernières 2 CV, il passait les vitesses au volant et fumait des vieilles gitanes maïs, qui avaient le don d’empester immédiatement n’importe qui, alors que le frébrèze n’existait pas. Non, décidément, la nostalgie n'est plus ce qu'elle était...

26 novembre 2006

Ma première soirée charité au Rotary Club


Dans la vie, il y a des premières fois plus souvent que des deuxièmes : c’est mathématique. La première fois que je vais vous présenter a eu lieu il y a quelques jours : ma première soirée de charité du Rotary Club.

Mais que faisais-je au Rotary, moi, petit-fils spirituel de Jaurès, lecteur assidu des Inrocks et sociétaire Maif ? Ce serait à la fois long et ennuyeux à expliquer, comme quand on est au cinéma accompagné de quelqu’un qui veut à tout prix attendre la fin du générique, alors que vous attendez de vous dégourdir les jambes et voir si la nuit est tombée pendant la séance.

Le but de la soirée était d’assister à un concert de Jazz. Après le mot d’accueil de rigueur, ponctué des hommages aux derniers disparus, on a ainsi vu déambuler une bande de vieux gaillards qui ressemblait au conseil d’administration de mon entreprise : 6 cinquantenaires, costumes beiges à carreaux, cravate rouge et pantalon dépareillé, qui jouaient du jazz des années 50 et m’ont rappelé mes belles années en Noir & Blanc sur le fleuve Mississipi, quand je chiquais du tabac à la recherche d’un bon filon d’or.

A la pause du concert (oui, les jazzmen font des pauses, comme un match de football), la grande famille rotarienne se retrouvait dans le hall pour discuter des dernières nouvelles. Heureusement, beaucoup de gens se connaissaient, et personne n’est venu vers moi « Alors, comment se porte ton patrimoine immobilier ? » ou encore « tu connais la dernière histoire du tribunal du commerce ? ». Une grosse dame blonde, très charismatique, butinait de petit groupe en petit groupe, distribuant des cartes de visite mais aussi des bons mots, un peu familiers mais pas vulgaires : « Alors Gérard, on fait le dindon ! », ou encore « très doués ces musiciens pour des retraités ! ».

Parmi ces gens, je retrouvais tous les clichés de la classe sociale des notables :
•un préfet très vieux en costume en train de mourir, ancien colonisateur en Afrique ou dans le Nouveau Monde…
•des jeunes loups aux dents longues d’écoles de commerce, mèche sur le côté, cravate fine, gendre idéal de Christine Boutin
•des blondes plus très fraîches souriant à l’interlocuteur de leur époux, regrettant peut être d’avoir choisi le mauvais cheval
•un médecin, mais sans stéthoscope, donc médecin à l’hôpital ou en clinique

La liste est encore longue, tout comme le fut le concert. Il faut dire qu’un joueur de jazz se repose souvent durant le solo de ses comparses : il pose son instrument, rigole avec un copain… Ah ça, ils ne sont pas aussi dynamiques que la fanfare de l’usine !

19 novembre 2006

Mise à jour

Pas trop de temps ces derniers jours pour me faire l'écho d'une discussion surprise dans le métro ou pour défendre le droit à une soirée anniversaire de la mort de Darry Cowl sur M6, au moins. Alors pour la mise à jour de blog, imaginez dans les lignes qui suivent une rencontre avec un ancien instituteur, type Mme Piochard, la prof de CP, dont vous reviennent en mémoire quelques détails comme son disgracieux visage son odeur désagréable ou la taille démesurément excessives de ses pieds. Ensuite, imaginez vous en train de dialoguer avec elle devant votre boulangerie préférée un dimanche matin (ces matins un peu honteux où on va chercher un croissant avec un jeans enfilé sur le pyjama). Elle passe par là pour voir son petit neveur ou écouter le sermon de son prêtre préféré et vous demande si vous avez enfin appris votre table de 3. Là, à vous de jouer et de créer votre propre discussion : le quartier qui est sympa avec ces petites adresses que même le Nouvels Obs dès fois il en parle, le métro ou le tramway qui n’avance plus et la politique, où il s’en passe des choses ; mais prenez bien garde de ne pas adopter un discours partisan pour ne pas choquer votre interlocutrice sans toutefois sembler trop larguer dans le débat politique pour ne pas que celle-ci profite de la brèche pour défrendre l’extrême droite (oui, on sait combien les gens vieillissent mal dans ce pays). Enfin, n'oubliez pas de glisser un mot sur votre parcours depuis le CP. Bon courage, je releve les copies à la fin de l’exercice.

08 novembre 2006

Le petit chauve

Encore une histoire de métro. Un matin, dans la rame bondée du métro n°13, un petit chauve avait trouvé refuge sous mon nez. C’est drôle le crâne d’un chauve quand on le regarde très près. D’abord, il n’est pas totalement vierge de cheveux, il y en a quelques uns dispersés au hasard sur le crâne. On pourrait les compter. Et puis ils font pas la même longueur, à croire que chacun pousse à son rythme. Ici, un lent, là, un rapide. J’ai fini par en voir un qui faisait 15 cm de long. Comme une queue-de-cheval, mais à un cheveu. Pendant tout le trajet, je n’ai vu que ce cheveu, survivant solitaire d’un désert capillaire, qui se trémoussait selon les vibrations du métro. J’ai eu une sacré envie de lui arracher, ce cheveu, comme tous ces types avec une queue de rat ou une coupe de footballeur des années 80, et qu’on regrette ne pas être Edouard aux mains d’argent, pour couper tout ce qui dépasse ! Ca démange !!

06 novembre 2006

Blackberry a dit...



Ce soir, j’ai pris le métro, comme des milliers (des millions ?) de parisiens. Je me suis retrouvé je ne sais comment dans un fauteuil coincé entre trois collègues, deux hommes la quarantaine triomphante, sourire colgate, mèche arrogante, souliers neufs, accompagnés d’une vieille femme. Ca devait être des ingénieurs, ils ont parlé longtemps ! J’en ai entendu des trucs.

- Michel Granier, il ne lit pas ses mails !
- Non, il a paramétré Lotus Notes pour mettre en rouge que les mails de son chef.
- Ca sert à quoi d’avoir des mails si ce n’est pas pour les lire ? On filtre avec un téléphone, pas avec Lotus !
- …
- Tiens, je suis allé au cinéma ce week end, voir un film
- Ha ?
- Ha ? (la femme)
- Oui, « Ne le dis personne », de Guillaume Canet, avec François Cluzet et un grand type avec des moustaches énormes qui fait toujours des rôles de flic.
- C’est pas Jean Rochefort ?
- Non, lui je le connais.
- Attends, bouge pas, on doit capter ici
Il sort un blackberry
- Pof pof pof…
- … tu peux aller sur Internet, c’est pas bloqué ?
- Tu rigoles ! Tiens, c’est pas François Berléand ?
- Wé, ça doit être ça
- Oui, il joue dans beaucoup de films (la femme) ( ? point d’interrogation entre paranthèse aussi parce qu’on a pas vraiment su si c‘était une question ou une remarque. C’était une phrase …)
RIIIRIRIRIRIIRIR (le métro passe au trocadéro)
- …
- Sinon ma femme accouche le 12 !
- T’es sur ?
- Et comment ! Le 12 y a neuf mois on était en déplacement à Berlin (NDLR : ???)
- Mais t’es sur que c’est neuf mois ? Parce que le nombre de jours dans le mois n’est pas fixe, ça change…
- Oui, c’est vrai (la femme)
- Par contre, ça doit faire un nombre fixe de semaines. Attends, on va compter
Il ressort son Blackberry
- Pof pof pof… je lance Excel… Y a une fonction qui compte le nombre de jours
- Ne comptes pas que les jours ouvrés, hi hi hi (la femme)
- Alors ca fait 257 jours, soit 36,75 semaines.
- C’est pas possible, c’est forcément un nombre entier
- MMmm (le type du blakberry prend son air le plus grave)… Ca colle pas.
- T’es certain des jours ?
- Oui, c’est Excel, d’accord, pour un smartphone, mais quand même, il ne peut pas se planter. T’es sur de ta date ?

Hélas, mille fois hélas, j’étais arrivé à destination et quittais ces trois larons. Je ne serais jamais qui est le père de l’enfant et je ne comprenais pas pourquoi un blackberry n’était pas capable de le dire.

03 novembre 2006

Sacré Virenque !

Il y a quelques années, je faisais un stage dans une entreprise spécialisée en Relations Presse, à grands coups de verres de champagne, de strass et de paillettes…

J'ouvre une parenthèse ( : quelqu'un sait ce qu'est du strass ? Tout le monde en parle, sans savoir ce que c'est vraiment, jusqu'au jour où on sort ce mot dans le mauvais contexte, comme « tiens, tu te prends pour un strass toi ! ». La c'est la honte assurée, et ce sera votre tour pendant des semaines d'aller réserver les salles de réunions auprès de la terrible secrétaire du service, qui te dira au moins dix fois « la clé ! N’oubliez pas de me rendre la clé ! C’est toujours pareil avec les gens de votre age»)

Bref, ce jour là je devais faire tout un tas de trucs épuisants de stagiaire : distribuer les badges, servir du café à mon chef, aller acheter des piles à la superette du coin, regarder de loin seulement les hôtesses d'accueil, me faire engueuler pour rien…

La société qui m'employait organisait une grande conférence de presse pour le lancement de la saison cycliste : on avait convoqué tout le gratin des journalistes sportifs pour faire la présentation de cette nouvelle équipe : l'équipe, vélo mag, VTT mag, ils étaient tous là. Sur le podium, les cyclistes en tenue exhibaient fièrement leurs cuisses, grosses comme deux fois leurs torses, et répondaient avec grande difficulté aux questions des journalistes.

Après cette longue journée, je retrouvais les cyclistes à l'hôtel IBIS de la Porte d'Italie pour un dîner plein de pâtes. C'est fou ce qu'un cycliste mange comme pâtes, y compris quand il n'a rien fait d'autres que de dire à des journalistes que oui, son rêve c'est de gagner une étape du Tour de France mais qu'il ne faut pas oublier les classiques, ou que non, il ne se dope pas et que de toute façon il ne sait même
pas ce que cela veut dire.

Une fois le dîner terminé, tout le monde se dirige le plus naturellement du monde vers le bar. Là-bas, je me mets à discuter avec quelques pousses-pédales. En fait, il n'y a pas qu'aux journalistes que ces paires de cuisses ne savent pas parler. Ils n'ont aucune conversation. Je les sens tendu, j’essaie alors de les détendre en proposant une tournée de bière. Mais mes dopés daignent m'accompagner d'une bonne mousse, pour s'accouder au bar et siffler quelques touristes italiennes passant au loin. Dommage, je me voyais déjà au milieu d'eux réunis en cercle autour de moi, à raconter mille exploits extra ordinaire. Mais non, au lieu de tout ça, ils m'ont répondu : « bon, on va dormir… ». IL devait être dix heures du soir… et voilà presque seul au bar de cet hôtel un peu miteux… Le barman à l’air compréhensif et sert une mousse à boire tout seul (barman, qui, dans mes souvenirs, est habillé d'une veste rouge, frotte quelques verres d'un torchon blanc, est coiffé d'une grosse coupe afro, avec, je ne sais pas pourquoi, un petit singe qui se promène sur ses épaules).

C'est alors que se dirige vers moi ce type. Vous savez, dans les cocktails ou les soirées, ce genre de moment arrive souvent trop vite. Vous êtes seuls et vous croisez le regard de quelqu'un dont vous savez la compagnie pénible, mais c'est trop tard, il est déjà là, à vous dire un truc dont vous déjà discuté avec un voisin, un boulanger ou un chauffeur de taxi : la météo, les hôtels à Paris, ou mieux, le dopage…

« Alors, on découvre le vélo ! ». Mais là, stupeur, ce type, c’est Daniel Mangeas, le speaker officiel du Tour de France. Vous ne connaissez pas sa tête, mais sa voix. Depuis des décennies il écume les villages et communes d'à peine 5000 habitants en quête de notoriété, pour animer les arrivés des courses, par tout temps et toute saison.

Alors il me parle de ses passions, le vélo, puis le cabaret spectacle. Daniel organise des événements. Il utilise sa notoriété (très forte dans le monde agricole) et son réseau (il connaît tout le peloton) pour mettre en place des critériums. Mais voilà, depuis quelques années, Virenque est devenu plus cher que Shirley et Dino, le duo qu’on voit souvent chez Sébastien (la scène décrite a quelques années), alors Daniel dorénavant organise des soirées cabarets dans des villages. Il transforme une grange en restaurant luxueux, invite tout le gratin local (curée, élus, notaires, médecins…) et donne à Shirley et Dino une occasion en or pour renforcer leur notoriété face à un public gonflé au mauvais vin local qui paie chèrement sa place. Alors Virenque…

31 octobre 2006

Monsieur Vévé, par uncle Whale

Uncle Whale, c’est un déconneur. Vous devriez le voir, même lâché au milieu d’un car de vieux grabataires en partance pour Lourdes, il arrive à susciter enthousiasme et tapes sur les cuisses. Pourtant, dès fois, il nous fait rire juste en parlant des gens qu’il a croisés. Comme le voisin de sa grand-mère, un type qu’on n’aimerait pas avoir pour gendre ! Alors cette semaine je laisse la plume à Uncle Whale, et moi, je fais continuer de rien faire, ou mieux, je vais suivre un papillon…

Winston Churchill ne disait jamais : "mon voisin est un gros con", et cela ne m'étonne pas qu'il soit mort aujourd'hui.

Il y a un an et demi de cela, j’effectuais un stage de trois mois en plein milieu d'année scolaire. Mon école étant à Nantes et ce stage en question à Paris pour ne pas payer deux loyers en même temps ma tata Robert (bientôt 90 ans mais toute sa tête) a gentiment accepté de m'héberger chez elle. "Il faut lui offrir le meilleur avenir à ce petit!", avait-elle dit à ma mère, si elle savait que c'est moi qui ai inventé la blague "dans ton cul!"...

Toujours est-il que cette cohabitation se passait très bien dans cet appartement, certes à une heure et demi du dit-stage... Jusqu'à ce que je découvre que ma tante avait un voisin : Monsieur Vévé!

La rencontre avec ce personnage eu lieu trois semaines après le début de mes activités. Je rentre un soir, fourbu d'avoir rien branlé et agacé par ce trajet à la con qui m'obligé à prendre 3 moyens de locomotions différents (métro, rer et auto-tamponneuses). J'entre dans l'appartement à 19h37, ma brave tata Robert arrive vers moi l'air un peu gêné :

"Ah! C'est toi! Viens, j'ai un invité!".

Ma tante me guide de la porte d'entrée jusque dans le salon. Là, je voit un petit homme qui se lève et s'empresse de venir me serrer la main.

Pour vous le décrire sommairement : il ne dépasse pas le 1m65, il a la soixantaine, un gros nez en patate et des lunettes cul de bouteilles. Des cheveux blancs rabattus sur le côté gauche par une matière qui se trouve être soit du gel, soit du gras, en tout cas, c'est visqueux comme l'intérieur d'une jument!

Pour se vêtir, il avait opté ce jour pour un vieux pull moche violet : le genre de sweet-shirt qu'on achetait dans les années 80 où ils y avait écrit des choses comme "championship" ou "breacking down" dans des polices arrogantes pour l'époque (ça faisait américain même si on savait pas ce que ça voulait dire). De toutes façon, impossible de lire quoi que ce soit sur le pull de ce pauvre homme : les 20 ans de fers à repasser et les bouloches avait eu raison de l'aspect révolutionnaire de ce gadget vestimentaire : il n'y avait que ça et là des petites parcelles de blanc qui restait sur un mauve délavé.

Et évidemment, il était également en charentaise... Histoire de me donner un indice sur sa profession de voisin avant même de s'être présenté.

Il serre ma main avec beaucoup trop d'enthousiasme pour ne pas être con et commence à parler avec une voix qui est plaintive et faible.

"Et bien!! Alors... Hein? C'est vous le neveu de Madame Robert?

- Oui, répond-je

Et là totale improvisation de sa part, il se lance :

- Et biiiiien... Et biiiien... Et biiiien, bienvenue dans l'immeuble! Moi, c'est Raymond, mais tout le monde m'appelle Roberto ici! Vous savez, c'est parce que j'ai des origines italiennes!

- Ah? fis-je

- Oui, enfin, de mon père, que je n'ai pas connu!

- Ah... compatis-je


Ma tante intervient :

-Oui, Monsieur Vévé est le voisin du premier! Il m'a aidé à monter les courses tout à l'heure, alors je l'ai invité à prendre l'apéritif!

- C'est vrai! confirma-t-il. J'aide souvent votre tante!

- D'ailleurs, qu'est-ce que je te sers?

- Oh, un coca, s'il te plaît, dis-je en enlevant mon gros blouson de cuir.

Monsieur Vévé me regarda avec plein de complicité.

- Alors? Comme ça vous êtes en stage? Oui, votre tante m'a dit que vous faisiez vos études! Alors? Vous étudiez quoi?

Je m'apprêtais à lui répondre gentiment que je suivais une formation dans l'audiovisuel quand il m'interrompit instantanément :

- Nooooon! Ne me dites rien! Je vais deviner!! Vous êtes... Hummm... (il prit l'air de réfléchir comme un médium)... Vous êtes... Pilote d'avion!!

Là, je cligne deux ou trois fois des yeux par rapport à une telle connerie. Je réfléchie l'espace d'un instant... Tout s'explique : mon blouson de cuir : il n'y a que les pilotes qui en ont dans les films sur TF1 (c'est une règle d'or).


-Ah non! Pas du tout! Je travaille à la télé!

- Ah bon? Ah... Moi je vous aurai vu là-dedans... Enfin! Bon, la télévision, très bien... Et vous aimez danser alors? (Je cligne encore deux fois des yeux) Non, parce que, je vous dit ça... Euh, d'ailleurs, cela vous dérange si on se tutoie, c'est plus sympathique!

- Pas du tout, je répondis, impatient de interrompis le rapport avec la danse. Là, il se lance dans un monologue cinglant de connerie.

- Très bien! Et bien, vo... Euh... Tu vois, moi j'adore danser, alors je vais dans les clubs du troisième âge l'après-midi et je danse avec les personnes âgées. Parce que vous voyez, sinon, les gens, ils n'osent pas danser quand il y a de la musique. Alors que si je les invite, ça détend l'atmosphère! C'est sympathique! Parce que vous savez, une petite danse... Un sourire... Ca ne coûte rien! Et ça rend les gens heureux! Alors, moi je le fais.


Je sourie gentiment, ne sachant trop quoi répondre. Heureusement ma tante intervient.

- Bon, et bien Roberto, nous allons bientôt manger...

Et là il s'excuse exagérément.

- Ohhh! Biiiennn sûr! Excusez-moi! Je vous dit au revoir.

Il nous sert la main et ma tante le raccompagna à la porte.

- Et puis bon appétit!

La porte claque derrière lui.

-Rhaaaa!! Mais quel casse-couilles! aboya directement ma tante.

Elle m'expliqua alors que ce type venait la faire chier depuis deux ans. Il débarquait toujours pour prendre l'apéro chez elle et lui demandait des outils. Il était certes gentil mais encombrant. En fait il avait une stratégie très précise : il la regardait par la fenêtre lorsqu'elle revenait avec des courses et fonçait au rez-de-chaussée pour l'aider. Bon, il n’était pas méchant, mais très con...

Presque instantanément, il sonna à la porte.

- tenez, j'avais acheté des bananes, il m'en reste, je vous les donne, elles sont un peu mûres, mais toujours bonnes!

Puis nous redit au revoir et reparti.

- Tu parles, dit ma tante en mettant des bananes semi noires à la poubelle, en fait, il va sur les marchés le vendredi matin. Il aide les maraîchers à porter les cageaux de fruits et pour le remercier, ils lui donne des fruits gratuits. Et après, il vient me faire croire qu'il les a acheté!! Pfff!!

Voilà, donc ma rencontre avec ce personnage haut en couleur. J'eue, pendant ces trois mois, diverses occasions de le revoir. Des fois quand même il a frappé des grands coup : comme ce jour où en arrivant devant la porte de l'appart il m'avait intercepté en me tendant un kit d'installation AOL :

- Tenez! C'est pour votre minitel, les trucs comme ça! Moi... Je ...Vous... Tu... Je n'en ai pas besoin alors je me suis dit... Voilà!

Et une autre fois, un jour où ma tante était partie en week-end le vendredi matin, il m'attendait sur le palier, tout blanc, le regard grave...

- Jeune Homme... Euh... Je ... Je ne voudrais pas vous inquiétez, mais... Je crois qu'il est arrivé un malheur! Voilà... J'ai sonné toute la journée, personne n'a répondu!

Et là, il commence à pleurer:

- Non parce que, vous savez, votre tante, c'est comme une mère pour moi!

Là, je le calme en lui expliquant qu'elle s'est absentée pour le week-end. Et il m'en remerciant en me serrant la main avec vigueur, puis est reparti gaiement boire du mauvais vin dans son appart.

Depuis la fin de mon stage, j'appelle régulièrement ma tante pour avoir de ces nouvelles, et comme d'habitude, je ne peut m'empêcher de lui demander de me conter les dernières péripéties de Monsieur Vévé .

Aux dernières nouvelles, il y a un mois, il y avait eu le samu chez lui parce qu'il avait glissé d'un tabouret en voulant accrocher un cadre au mur et il s'était mordu la langue...

Des fois, vaut mieux ne pas se poser de questions...

22 octobre 2006

Le cafard star

Pas plus tard qu’il y a quelques jours, je participais à une réunion des plus ennuyeuses.

Alors que l’interlocuteur principal abordait le sujet de la chaîne du froid des pays méditerranéens, j’ai surpris une grosse blatte bien grasse se frayer avec difficulté un chemin sur la moquette épaisse.

Elle avançait sournoisement sous la table à l’abri des regards de tous. Étant le seul à l’avoir vue, j’avais une responsabilité : Devais-je alerter mes camarades de réunion du danger représenté par cet intrus ou devais-je moi-même l’exécuter en silence à grands coups de chaussure de ville toutes neuves? À force de me poser la question, la bestiole avait déjà escaladé un des pieds de la table et se cachait juste dessous.

Le cafard pouvait surgir n’importe où, n’importe quand : dans ces moments là, il ne faut pas céder à la panique.

J’imaginais déjà les cris d’effroi, et me voyais obligé d’intervenir, plein de dégoût, sous la pression de mes collègues féminines.

Après de longues minutes d’un suspense insoutenable, elle réapparut face à l’une d’entre nous qui contre toute attente se contenta de dire benoîtement « Ah, une bête. », puis l’écrasa avec son mouchoir, sans même céder à la panique la plus élémentaire.

Le cours de la réunion n’en fût même pas affecté, et notre interlocuteur enchaîna tout naturellement sur la difficulté de la gestion sociale des conducteurs de poids lourds…

19 octobre 2006

Radio Londres



Voici un mail que j'ai reçu il y a quelques temps.
Je me suis dit, tiens, celui-là, je le garde, comme le type qui a envoyé un mail à toute la boite est disant "bon, je ne connais pas tout le monde, mais bonne année quand même"...

"Destinataires : tous les salariés du Siège

Le serveur national est actuellement en incident.
Cela impacte directement les applications yéyé et yoyo.
Parallèlement 5 régions sont actuellement sur le système informatique
de secours (PACA, IDF, CENTRE, ALSACE et NDPC).

Les systèmes des autres régions, dont le SIEGE, sont potentiellement
susceptibles de tomber.

Une cellule de crise vient d'être constituée.
La direction de l'Etablissement"


J'imagine les administrateurs réseau réunis autour d'une grande table ronde d'une salle secrete du sous sol "les gars, il est temps de gagner Londres".